2 rue de la Ferme

28500  Saulnières

(  02 37 43 60 52

Courriel : batonmichel@aol.com

 

SAULNIERES: PRESERVATION ET VALORISATION DU CADRE DE VIE

 

 

SPVCV

 

                                                                                          Monsieur le Préfet

                                                                                          Préfecture d’Eure et Loir

                                                                                          Place de la République

                                                                                          28019 Chartres Cedex

 

Objet : projet de carrière à Saulnières                                 Saulnières, le 30 mai 2005

Référence : votre courrier du 28 avril 2005

 

 

 

Monsieur le Préfet,

 

Nous avons bien reçu votre courrier du 28 avril 2005.

 

Nous vous remercions de l’attention que vous apportez au dossier en objet. Considérez cependant que nos interrogations ne se limitent  pas au problème de l’eau.

 

Nous nous sommes réunis en comité avec l’ensemble des associations et collectivités concernées que vous avez bien voulu contacter. Nous sommes désolés de constater le manque de qualité des réponses apportées.

 

Nous vous présentons ci-joint la synthèse des commentaires que votre document appelle.

 

Il n’y a aucune preuve de la présence d’une couche de protection, étanche, au-dessus de la nappe phréatique.

 

Aucune preuve n’est apportée de l’innocuité du projet de carrière à Saulnières.

 

Pourquoi prendre le risque de faire assumer à la population le coût de la dépollution de l’eau  en contradiction avec les principes des valeurs de l’Europe ?

 

Nous vous demandons, Monsieur le Préfet, au nom du principe de précaution,  pour préserver la santé et l’intérêt public quant à l’approvisionnement en eau potable des habitants de la vallée de la Blaise, de rejeter ce projet de carrière à Saulnières.

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de nos respectueuses salutations.

 

Le président

 

 

Michel Baton

 

Réunion Le 16 mai 2005 à la mairie de Crécy Couvé

présence des associations :

 

-         Association Saulnières, préservation et valorisation du cadre de vie,

-         Le Comité médical SPVCV,

-         Association Crécy d’hier et d’aujourd’hui,

-         Association Vernolitaine pour un Environnement Respectueux et Nouveau,

-         Amicale des Vallées et Bassins de l’Eure, ses affluents et vallées limitrophes,

-         Association Eure et Loir Nature.

 

 des représentants des collectivités :

 

 Présent

 -   Monsieur le Maire de Crécy-Couvé.

Absents excusés

-         Monsieur le Maire de Chateauneuf en Thymerais,

-         Monsieur le Maire de Aunay sous Crécy,

-         Monsieur le Maire de Vernouillet,

-         Monsieur le Maire de Fontaine les Ribouts.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synthèse consultable sur le site : non-a-la-carriere-de-saulnieres-28.info

 

Synthèse de la réunion du 16 mai 2005

 

Préambule : nous notons tout d’abord une confusion quant aux termes utilisés dans les titres et réponses. Dans le projet de carrière à Saulnières il s’agit d’un bief à silex, et non pas d’argile à silex. Bief à silex est la dénomination du résidu d’une argile à silex remaniée avec seulement 17 % d’argile mélangée avec 83 % de sable et de silex. Madame Dewolf (CNRS) souligne le caractère très perméable de cette roche.

La carte des nappes d’Eure et Loir (1) ne représente aucune couche d’argile (voir coupe) sur notre département. Seule l’argile à silex est représentée en couche géologique.

 

1 – Sur les risques de contamination des eaux par les floculants

 

Les eaux de lavage seraient déversées dans des excavations à même le sol (qui n’est en aucune façon un bac étanche) Les floculants seraient donc déposés en fond d’excavation mélangés avec tous les produits, objets de la floculation, ils seraient donc en contact direct avec les eaux de la nappe.

L’argile ainsi récupérée servirait au remblaiement des zones extraites, mélangée aux floculants : elle serait donc étalée sur le site toujours en contact avec la nappe !

Nous relevons une autre contradiction : les floculants seraient-ils ou non piégés dans l’argile, ou bien se présenteraient-ils sous forme visqueuse et compacte ?

 

La nappe phréatique recevrait les floculants dont la faible toxicité aiguë et la faible nocivité (pour reprendre les termes de GSM) se retrouveraient amplifiées par la masse énorme de floculants déversés au cours des années d’exploitation.

Même s’ils ne sont ni hydrolysés, ni biodégradables, en réalité ils se dégraderaient pour former des métabolites dont personne ne peut affirmer l’innocuité.

 

Tout  confirme que le  risque n’est pas nul !

 

Les floculants sont du même type que ceux employés pour le traitement des eaux en vue de leur potabilisation : attention ! si ces floculants sont utilisés dans une étape de la potabilisation de l’eau, ils sont ensuite entièrement éliminés, car non destinés à la consommation !!! Cette phrase équivaut à faire affirmer par un expert que l’acide sulfurique n’est pas dangereux pour la consommation humaine puisqu’il est utilisé dans le processus de fabrication du sucre !

 

Par ailleurs, il est important de souligner que la vitesse de migration du produit est relativement faible : Cette vitesse de migration du produit est calculée en laboratoire, comment savoir ce qui se passerait dans la réalité, sachant qu’il serait  impossible techniquement de remédier à une pollution de la nappe par des floculants.

 

 

2 – La communication entre les horizons aquifères de l’argile et la nappe de la craie

 

L’argile est réputée imperméable, aucun horizon aquifère ne peut s’y trouver.

 

La nappe de la craie, drainée par la Blaise, est sollicitée pour l’alimentation en eau potable.

Rappelons que la nappe dans la vallée de la Blaise est libre, elle est la même jusqu’au toit de la nappe, niveau constaté dans notre courrier du 18 janvier 2005 (axe d’écoulement des eaux NGF 125,23 forage de Lachet, NGF 117,3 forage Bellassière) Cette nappe n’est pas drainée par la Blaise, mais suit les courbes géologiques du terrain d’amont en aval comme toute masse liquide, elle n’alimente la Blaise que lorsque son niveau sur les berges est égal ou supérieur au niveau de la Blaise.

 

Au niveau de la vallée de la Blaise, cette nappe est en charge, ce qui la met à l’abri des infiltrations.

La preuve irréfutable de la présence d’une nappe en charge se concrétiserait  par la présence de puits artésiens. A notre connaissance, il n’y a pas de tels puits dans notre région !

Elle n’est donc pas à l’abri des infiltrations voir plus loin (chapitre « traçage »)

 

Comme cela est souvent constaté en région karstique il n’y a qu’un seul toit de la nappe phréatique !

 

 

3 – Sur la protection des captages d’eau potable

 

Celui de Crécy-Couvé se trouve en rive opposée de la vallée de la Blaise et, de ce fait la rivière joue un rôle d’écran même en période d’étiage.

Le niveau moyen constaté de la Blaise, à Saulnières, est à la côte NGF 122, le niveau supérieur de la nappe puits N° 2 au lieu dit La Ferme est à la côte NGF 117,37 soit environ 5 mètres en dessous, le toit de la nappe étant sous le niveau inférieur de la Blaise, comment la rivière peut-elle jouer un rôle d’écran ? (2)

 

Pour les deux autres, les risques de pollutions sont très limités du fait de la faible vitesse d’écoulement de l’eau souterraine.

Faux : la vitesse d’écoulement de l’eau souterraine est de plusieurs dizaines de mètres par heure dans cette partie de la vallée, soit une pollution assurée de ces captages dans 30 heures sur la base d’un écoulement de 100 m/h : pour les floculants, pour les hydrocarbures…etc.

 

 

Une éventuelle contamination serait évacuée vers la rivière.

Il est aberrant de penser que le soumissionnaire compte sur la rivière pour décontaminer !

De toutes façons les ouvrages de captages ne sont pas alimentés par la rivière mais par la nappe!

 

4 – Sur l’exploitation de la couche d’argile et sur les sondages

 

Conditions acceptables ?

Les conditions d’exploitation sont acceptables pour qui ? Plus les silex et sables sont concentrés et remaniés dans une faible proportion d’argile, meilleur est le rendement sur le plan financier mais évidemment moins le sol est étanche !!!

 

 

Des résultats de sondages, non joints au dossier, prouvent qu’il y a bien au-dessous du fond de fouille au moins 10 mètres d’argile.

Il est surprenant qu’une telle pièce n’ait pas été jointe au dossier, est-ce un oubli ?

Au moins 10 mètres au-dessous du fond de fouille, si ce ou ces sondages ont été réalisés, nous devrions avoir une communication exacte de la cote du dessous du fond de fouille, et  du ou des points où les sondages ont été réalisés.

 

Il n’y a aucune preuve de la présence d’une couche étanche au-dessus de la nappe phréatique.

 

La carte des nappes d’Eure et Loir ne représente aucune nappe captive (4)

 

5 – Sur les études de traçage et l’existence de failles dans la nappe de la craie

 

Contrairement à ce qui est affirmé, nous avons à votre disposition plusieurs  exemples de traçages, études expérimentales ou accidentelles :

 

·          Une étude de Monsieur DIENNER en 1901

·          Une interprétation des valeurs de nitrates dans l’eau. Valeur qui est un excellent indicateur de vulnérabilité des nappes (4)

·          Un traçage accidentel au Fluor a même été réalisé par Hurel Arc en 1985 sur une vingtaine de kilomètres

 

Dans notre courrier du 18 janvier 2005, nous vous communiquions l’extrait de carte ou apparaît la faille de Courville. Deux failles supposées sont tracées sur cette carte, elles convergent vers la vallée de la Blaise à proximité de Saulnières ! 

La vallée du Ménillet s’est obligatoirement créée sur une fissure (3)

 

6 – Sur le remblaiement du site

 

La société GSM s’engage à n’utiliser que des terres et roches provenant de travaux de terrassement, 1,7 millions de mètres cube.

Même dans le cas où les matériaux de démolition seraient écartés, le risque de livraison de produits non neutres dans des bennes de 25 tonnes n’en reste pas moins réel. Les services techniques de la CAdD remarquent le peu de moyens affectés au contrôle de ces produits (5)

 

Elle utilisera par ailleurs sur le site les argiles restantes pour le remblaiement. Ces argiles contiennent-elles des floculants ?

Il n’est pas précisé le type de remblaiement pour les parties sous le niveau de la nappe, GSM précise dans son étude d’impact l’extraction à 5 mètres sous le niveau de l’eau.

 

7 – Sur le stockage des hydrocarbures sur le site

Aucun plan d’urgence n’est proposé en cas de pollution accidentelle sur le site d’exploitation (fuite d’hydrocarbures etc.…) remarquent des services techniques de la CAdD (5)

 

8 – Sur la mauvaise gestion de l’exploitation précédente

 

Nous avons tous les jours la preuve que sur ce site (un terrain privé), il est possible de déverser sans contrôle tous types de matériaux. (6)

Par ailleurs nous notons que l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation (juillet 1984 renouvelé en 1990) fixe la cote du fond de fouille à NFG 125, cote imposée par le laboratoire de Blois pour garantir la protection de la nappe.

 

Nous notons simplement que l’arrêté Préfectoral N° 2373 du 15 septembre 1999 refuse la demande d’autorisation d’exploitation d’une carrière à silex sur la commune de Saulnières, considérant des raisons majeures de risque de pollution de la nappe à cause du caractère fissuré du réservoir aquifère.

 

Définition des indices :

 

(1)   Notice et carte Géomorphologique Dreux, Mme Dewolf (CNRS) 1972

Notice et carte Géologique Dreux, Mr F. Menillet (BRGM) 1994

(2)   Notre courrier du 18 janvier 2005

(3)   Etude de Madame Dewolf (CNRS) en 1974 

(4)   « Mieux connaître pour bien protéger l’eau souterraine en Eure & Loir » Charte départementale pour l’environnement

(5)   Courrier de Monsieur le président de la CAdD du 28 octobre 2004

(6)   Voir notre déclaration à Monsieur le commissaire enquêteur avec la photo des produits déversés.

 

Référence des documents consultés :

 

- Notice et carte Géomorphologique Dreux, Mme Y. DEWOLF, CNRS, 1972

- Notice et carte Géologique Dreux, Mr F. MENILLET, BRGM, 1994

 

Pièces jointes :

 

-         Documentation de la Charte départementale pour l’environnement « Mieux connaître pour bien protéger l’eau souterraine en Eure & Loir »

-         Extrait de la carte Géologique Dreux, BRGM, 1994


 

Copie à :

 

Monsieur le Président

Amicale des Vallées et Bassins de l’Eure, ses affluents et vallées limitrophes

Monsieur François Fillon

 Amicale des Vallées et Bassins de l’Eure, ses affluents et vallées limitrophes

Monsieur le Président

Association Crécy d’hier et d’aujourd’hui

Monsieur le Vice Président

Association Eure et Loir Nature

Madame la Présidente de l’

AVERN

Monsieur le Président de la

CAdD

Mesdames, Messieurs, les Maires de la

CAdD

Monsieur le Maire de

Chateauneuf en Thymerais

Monsieur Roger Fourmantin

Commissaire Enquêteur

Monsieur le Président du

Conseil Général d’ Eure et Loir

Monsieur le Président du

Conseil Régional d’ Eure et Loir

Monsieur le

Député d’ Eure et Loir

Monsieur le Maire de

Fontaine les Ribouts

Monsieur le chef du service

Nature, Paysages et Qualité de la Vie

Monsieur le

Préfet d’ Eure et Loir

Monsieur le

Sénateur d’ Eure et Loir

Monsieur le

Sous Préfet d’ Eure et Loir

 

Ministères, copie à :

 

Monsieur le Ministre

De l’Ecologie et du Développement Durable

Monsieur le Ministre

De l’Equipement, des Transports, de l’Aménagement du territoire du Tourisme et de la Mer

Monsieur le Ministre

De la Santé et de la protection Sociale

 

Copie à la Presse.

 

Communication : site Internet, non-a-la-carriere-de-saulnieres-28.info